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Patricio CONTRERAS : "De l'Argentine au FCTSY"

10 octobre 2018 - 22:27

A l’instar de Pierre JOSSE, Patricio CONTRERAS n’a pas compté les kilomètres pour
rejoindre le FC Tartas Saint-Yaguen durant l’intersaison. Et tout comme Pierre, la signature de
ce joueur a elle aussi forcément fait parler tant l’on peut se demander comment les dirigeants
tarusates ont réussi à faire signer un joueur professionnel argentin ? Nous sommes allés à la
rencontre de « Pato » afin de chercher à mieux comprendre son incroyable venue, mais aussi et
surtout pour mieux connaître un joueur venu apporter toute sa « grinta » au sein de l’effectif.


. Bonjour Patricio, ta venue au FC Tartas Saint-Yaguen est assez incroyable. Peux-tu donc
s’il te plaît et tout d’abord évoquer avec nous tes origines, le déroulement de ton arrivée
au Club, ainsi que ce qui t’a motivé à rejoindre le Club ?
« Je suis Patricio Sebastian CONTRERAS, j’ai 24ans et je suis de Buenos Aires en Argentine.
Ma venue au FC Tartas Saint-Yaguen s’est faite grâce à Mathieu ROLDAN, mon coéquipier
sur le terrain et ami dans la Vie. Il a été en 2009, le coéquipier de mon frère au Langon Football
Club. Un Club dans lequel j’ai moi-même eu la possibilité d’évoluer en 2016. A l’issue de la
Saison dernière, quand le Club du FC Tartas Saint-Yaguen a été assuré de la montée en R1,
Mathieu et les dirigeants sont entrés en contact avec moi pour préparer ma venue et renforcer
l’équipe fanion. J’ai été motivé par l’idée de savoir que des joueurs de qualité évoluaient déjà
au sein de cet effectif comme notamment Rémi MOURAREAU qui a connu le niveau CFA
pendant plusieurs saisons, mais aussi par le sentiment que nous avions la capacité d’effectuer
un bon parcours en Championnat ».


. Que connaissais-tu de la France au préalable et plus précisément du département des
Landes ?
« Je connaissais déjà la France grâce à mon passage de six mois en 2016. J’ai pu voyager pas
mal dans la Région et notamment dans les Landes. C’est sans aucun doute l’une des plus belles
régions du pays et j’espère pouvoir la découvrir encore plus ».


. Peux-tu s’il te plaît nous relater ton parcours footballistique jusqu’à présent ?
« Ma formation a débuté dans un Club de troisième division argentine, le « Club Social y
Deportivo Tristan Suarez ». Peu de temps après j’ai eu l’opportunité de voyager en France et
j’ai rejoint le Langon Football Club pour six mois. Une fois que nous avions terminé le
Championnat, je suis retourné en Argentine et j’ai signé dans un Club de quatrième division
argentine, le « Club Atletico Las Palmas » au sein duquel j’ai joué jusqu’en 2017. J’ai ensuite
rejoint un Club de la même Division, le « Club Atletico Tiro Federal Argentino » au sein duquel
j’ai effectué une excellente Saison sur le plan individuel, mais malheureusement, il a été décidé
de supprimer la « Torneo Federal B » et beaucoup de joueurs se sont retrouvés sans Club ni
travail. C’est alors que j’ai reçu l’appel du FC Tartas Saint-Yaguen et je n’ai alors pas hésité
une seconde ».


. Tu es entrain de bien appréhender et de découvrir le Football amateur néo-aquitain.
Peux-tu donc s’il te plaît dans un premier temps nous parler du Football en Argentine.
Puis dans un second temps, peux-tu nous dire comment jugerais-tu le Football néoaquitain
et sur quels aspects ces deux Football sont comparables ou à contrario
incomparables ?
« Le Football que j’ai connu en Argentine se vit un peu différemment car tous les joueurs ont
l’espoir d’évoluer un jour au plus haut niveau professionnel. Et je vois bien qu’ici on le
considère plus comme un passe-temps en priorisant avant tout sur le travail à côté. En
Argentine l’on fait exactement les mêmes sacrifices sur les deux plans car l’on ne sait jamais
quand notre heure viendra. Nous tirons aussi beaucoup de bénéfices comme des infrastructures
de qualité pour l’entraînement. L’on peut aussi dire que l’on ne fait qu’une seule chose, c’est
de jouer au Football. Le Club s’occupe de tout ce dont nous avons besoin, L’on passe toute la
semaine à s’entraîner, à voyager et à dormir dans les hôtels. C’est comme un travail, l’on ne
vit que pour ça. Et je connais d’ailleurs beaucoup de joueurs qui ont commencé dans les mêmes
conditions que moi et qui évoluent aujourd’hui au plus haut niveau en Argentine ».


. Où étais-tu lors du dernier 1/8ème de Finale de la Coupe du Monde opposant la France à
l’Argentine, et comment as-tu vécu l’issue de cette rencontre ?
« J’ai vécu ce 1/8ème de Finale du Mondial entre la France et l’Argentine chez moi en
Argentine. Et je savais d’avance que cela allait être une rencontre difficile. La sélection
argentine ne traversait pas une bonne période contrairement à la sélection française qui venait
de remporter ses matches assez facilement. Et la confiance est fondamentale dans ce sport ».


. Comment se passent tes débuts au sein de ton nouveau Club autant sur le plan sportif
qu’au niveau de ton intégration ?
« L’on apprend toujours de nouvelles choses partout où l’on passe, autant dans le Football que
dans la Vie. Je suis passé par de nombreuses équipes, et dans chacune d’elles j’ai pu en retenir
autant du positif que du négatif. Ici en France, la vérité est que je suis très content de côtoyer
mes coéquipiers qui me traitent vraiment bien, même si bien sûr, j’ai plus d’affinités avec
certains ».


. Quelles sont selon toi les principales difficultés inhérentes à un joueur dont la langue
natale et la culture sont différentes de celles de ses coéquipiers ? A contrario, en quoi estce
que cela peut être bénéfique autant au niveau individuel que collectif ?
« Il faut vraiment du temps pour s’adapter au Football d’ici et à son style, mais nous avons un
bon entraîneur qui m’indique avec précision quand il voit quelque chose de mal que j’essaie
ensuite de corriger pour aider au mieux l’équipe. C’est un peu compliqué avec la langue
notamment dans la position où j’évolue qui demande beaucoup de communication, mais
j’essaie quand-même de bien me faire comprendre ».


. Quelles sont tes ambitions pour cette Saison ?
« Mon objectif cette Saison est de pouvoir jouer le maximum de rencontres possible et de faire
un bon Championnat avec l’équipe ».


. « Pato », nous te remercions pour toute la disponibilité que tu nous as accordé au cours
de cet entretien. Pour en terminer, que peut-on te souhaiter et as-tu un mot à dire aux
supporters ainsi qu’à toutes les lectrices et tous les lecteurs ?
« Le fait de pouvoir continuer à suivre mon chemin et progresser jour après jour. Je souhaitais
dire que tout ce que les joueurs font, ils le font avec les meilleures intentions et qu’il faut
continuer à voir le meilleur de la situation ».


                                                              Patricio CONTRERAS
                                                 Né le 10/12/1993 à Buenos Aires (Argentine)
                                   Poste(s) occupé(s) : arrière latéral droit ou défenseur central
                    Clubs successifs : Club Social y Deportivo Tristan Suarez (Argentine D3) → Langon
                    Football Club (R1) → Club Atletico Las Palmas (Argentine D4) → Club Atletico Tiro
                                Federal Argentino (Argentine D4) → FC Tartas Saint-Yaguen


À l’instar de Patricio, au cours de sa carrière, un autre joueur de l’effectif tarusate avait
pris le parti d’une expérience à l’étranger pour pouvoir vivre pleinement sa passion. En effet,
avant de rejoindre le FC Tartas Saint-Yaguen, Moustapha MAHAMAT avait tenté l’aventure
du côté du Lokomotiv Tachkent. Soit une expérience riche en enseignements lui ayant permis
de connaître le monde professionnel. Il nous a fait le plaisir d’évoquer son expérience afin de
mieux comprendre ce qui peut pousser un joueur de Football à s’exiler, mais aussi de nous faire
prendre conscience qu’une carrière de footballeur est faite d’innombrables aventures et
d’opportunités certes aussi surprenantes les unes que les autres, mais qu’il faut savoir saisir au
bond tant elles peuvent être source d’enrichissement personnel.


Moustapha nous raconte : « Il faut savoir que ce n’est qu’à l’âge de 18 ans que j’ai commencé,
grâce à Jean-Claude GAY, à vraiment aimer le Football et à prendre conscience de tout ce
goût de l’effort nécessaire pour progresser et viser le meilleur niveau possible. J’ai eu tout
d’abord une première expérience à l’étranger du côté de l’Angleterre, mais celle-ci n’a duré
que quelques mois car j’y étais à la base partie pour mes études afin d’apprendre l’anglais.
Mais là où j’ai vraiment tenté l’aventure, c’est lorsque j’avais 26 ans. Je jouais à l’époque en
CFA2 au Stade Montois, et un jour nous avons affronté l’équipe réserve du Toulouse Football
Club. À la fin de la rencontre, Jean-Paul DUPORTE, mon Coach de l’époque, vient me voir et
m’explique que le staff du TFC m’avait vraiment trouvé bon. Me pensant beaucoup plus jeune,
ils souhaitaient me faire intégrer leur Centre de Formation, ce qui n’était malheureusement
plus possible au vu de mon âge. Mais cela m’a malgré tout permis de prendre conscience de
mes qualités et qu’en continuant à travailler je pouvais peut-être aspirer à un encore meilleur
niveau. Mon grand-frère Djamal qui était lui déjà dans le circuit professionnel depuis plusieurs
années, et mon coéquipier Aruth, un ancien international arménien qui venait de signer au
Stade Montois m’ont alors conseillé de tenter ma chance dans des destinations plus
« exotiques » où mon âge serait moins un frein pour intégrer une structure professionnelle.
C’est alors que j’ai eu l’opportunité d’aller faire un essai du côté de Tachkent en Ouzbékistan.
Celui-ci ayant été concluant, l’on m’a proposé un contrat et je n’ai pas hésité une seconde à
tenter l’aventure. Je n’avais encore jamais rencontré ça, un Club tellement structuré où je
n’avais qu’à penser au Football. Le Club s’occupait de tout le reste. Et c’est aussi là que j’ai
pu découvrir l’exigence et la rigueur du haut niveau et m’en imprégner. Je considère que cela
m’a énormément apporté, tant sur le plan sportif qu’humain. Ce fût une vraie bonne expérience.
Et c’est d’ailleurs pour cela qu’aujourd’hui, peu importe le niveau, je reste toujours aussi
exigeant sur le terrain et avec mes coéquipiers ».


Contrairement à Patricio qui est passé d’une structure professionnelle à une structure
amateur, Moustapha a lui fait le chemin inverse. Et il nous explique bien qu’accueillir un joueur
étranger au sein d’un Club amateur n’est pas chose aisée : « En fait, tout dépend dans quel
circuit tu es. Dans le circuit professionnel, tout est encadré, les joueurs ne vivent que du Foot
et n’ont juste qu’à se préoccuper de ce dernier. Un Club comme le FC Tartas Saint-Yaguen, je
trouve qu’il est très structuré et qu’il met tout en œuvre pour que les joueurs soient dans les
meilleures dispositions. Sportivement le niveau auquel il évolue est aussi très intéressant. Donc
forcément, le cadre est excellent pour un joueur venant de l’étranger et ayant par exemple pour
objectif de commencer à se faire connaître en France. Maintenant lorsqu’un joueur étranger
arrive, c’est aussi un gros investissement pour le Club. Et un Club comme le FC Tartas SaintYaguen
reste avant tout amateur et n’a pas de moyens financiers pharaoniques ».


Car en effet nous en revenons toujours au même, à ce fameux nerf de la guerre qu’est
l’aspect financier. Mais à défaut de moyens « pharaoniques » les clubs de Football amateurs
ont aussi tellement d’autres choses à apporter, notamment sur le plan humain. Car oui à travers
ce type d’expérience l’on peut vraiment parler de relations humaines. Et c’est à ce niveau-là,
mais aussi en faisant preuve d’ingéniosité, d’ouverture, et d’implication à tous les étages qu’un
Club comme le FC Tartas Saint-Yaguen peut faire profiter à tous ses licenciés et sympathisants
de la présence d’un joueur arrivant de l’étranger dans ses rangs. Et ce, tout en lui permettant de
vivre une expérience la plus épanouissante possible.

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